Il y a eu un temps où j'étais grand.

Pour de vrai, un grand. Celui qu'elle attend.

Aujourd'hui j'erre dans un désert pire que l'enfer. Mon esprit est vide, déserté de tout bonheur qui a fuit par peur de devoir faire ses preuves. Mon dieu, il n'a aucune chance de montrer ses talents !

Il y a eu un temps où je me regardais dans le miroir, où je ne me racontais pas d'histoire. 

C'est maintenant que je vis au milieu de cet espace vide. Autour, je regarde mais je ne vois rien. J'aimerais tant te tendre la main.

Te souviens-tu de ce temps ? Te souviens-tu de ce que tu me disais ? On ne vivra cela qu'une fois. Et là, collé dans ce néant, je ne peux pas me relever. Tu es partie, comment sortir de cette impasse ? Je me sens si petit, si inutile dans ce monde où tu n'es pas. Combien d'années à patienter, combien d'années pour t'oublier. Où dois-je fuir ? Où dois-je te retrouver ? Finalement, serais-je un jour libéré ? Pourquoi avoir eu tant de bonheur d'une vie que finalement j'ai perdue ? 

Les mots que tu écrivais, ceux que tu me murmurais, ta douceur, ton regard. Je me demande pourquoi on m'a donné de vivre cela. J'ai vécu pour qu'aujourd'hui il ne reste que les cauchemars. Quelle est ma faute , si grave, pour une peine si lourde ?

Je te vois. Tu marches devant à quelques pas de moi. Je veux juste te rattraper. Arriver à ta hauteur... mais je ne couvre pas la distance. Je m'épuise à combler cet espace sans succès. Tes sandales de cuir brulé, tes jolis pieds que je vois s'arrêter. 

Tu te retournes et je vois que tu m'en veux de ne pas arriver à tes côtés. Toi, tu me montres ton ventre bombé. Tu le tiens car tu fatigues. Il est lourd ton bébé. 

Je n'y suis pas arrivé, comprends-tu ? Je m'y suis épuisé. Je crie, j'hurle "attends" mais tu n'entends pas. Et d'un dernier retard fermé, tu me dis que c'est trop tard, tu pars.

Je pensais y arriver, te sauver. Pitié...
Un jour, j'ai été grand
Retour à l'accueil